Il y a une dizaine d'années, ma femme m'a fait une grande surprise pour mon anniversaire.
Elle m'a offert un télescope.
Depuis quelque temps, mon intérêt pour la conquête spatiale et les missions d'exploration réveillait doucement ma passion pour l'astronomie.
Je me demandais alors s'il était possible de faire des observations depuis la région parisienne. En parcourant les forums, je suis tombé sur plusieurs messages indiquant que l'on pouvait faire quelques observations même en ville.
Au fil de mes lectures, un instrument revenait régulièrement : le Maksutov. Les photos et les récits d'observation publiés par ses utilisateurs me faisaient rêver. J'imaginais déjà observer la Lune, les planètes, les amas globulaires ou encore quelques nébuleuses planétaires.
Comme souvent, lorsque je me passionne pour un sujet, j'en parle beaucoup.
Ma femme ne pouvait donc pas passer à côté.
Le jour de mon anniversaire, j'ai découvert un grand carton. Je crois avoir compris immédiatement ce qu'il contenait. A l'intérieur se trouvait le télescope dont je rêvais depuis plusieurs semaines : un Mak 127.
Je me retrouvais donc l'heureux propriétaire d'un Sky-Watcher Black Diamond Mak 127 sur une monture EQ3.2.

Le montage et la prise en main ne furent pas si simples.
Heureusement, les tutoriels et les vidéos disponibles sur Internet m'ont beaucoup aidé.
Quelques heures plus tard, le télescope était enfin prêt à recevoir ses premières lumières devant la fenêtre du bureau.
C'est devant cette même fenêtre, entre les immeubles d'en face, que j'ai pointé Saturne pour la première fois, quelques semaines plus tard.
La magie opéra immédiatement. Bien sûr, Saturne était minuscule dans l'oculaire. Pourtant, distinguer nettement ses anneaux était fascinant et émouvant.
Aujourd'hui encore, j'adore retrouver cette sensation lorsque quelqu'un découvre Saturne pour la première fois et laisse échapper un simple « Wahou ! ».
J'ai même réussi à immortaliser ce moment avec mon téléphone. La photo n'est clairement pas extraordinaire. Pourtant, je la conserve dans mon téléphone et j'aime encore la regarder.

C'est également à cette période que j'ai rejoint un club d'astronomie. Les observations ne se limitaient plus à mon balcon. Je partageais des soirées avec d'autres passionnés.
Un soir de décembre, au sud de l'Oise, je profitais d'un ciel d'hiver limpide avec un membre du club.
J'avais bien préparé ma soirée et le froid n'arrivait pas à entamer mon enthousiasme.
Après avoir admiré l'incontournable nébuleuse d'Orion, je pointais mon télescope vers les cornes du Taureau.
Au début, je n'étais pas certain de l'avoir trouvée. Je demandais confirmation à mon compagnon d'observation. Il confirma que nous étions en train d'observer la Nébuleuse du Crabe.
Nous étions bien en train d'observer la Nébuleuse du Crabe. Dans l'oculaire, ce n'était qu'une faible lueur grisâtre.
Cette pâle tachouille ne ressemblait en rien aux magnifiques images que j'avais vues sur Internet. Pourtant, elle m'a marqué bien davantage.
Aujourd'hui, un autre télescope, bien plus performant, a rejoint la maison. Pourtant, je possède toujours ce petit Mak 127, et il sort très régulièrement.
On entend souvent dire que « le bon télescope est celui que l'on sort ». Je crois que cette phrase résume parfaitement ce Mak 127.
Dix ans plus tard, je n'ai toujours aucune envie de m'en séparer.